Réaction de la Coordinatrice du Mouvement des Femmes de la CGTM, OumouKelthoum Mint Mohamed à l'occasion de la journée du 08mars
Le Mouvement National des Femmes de la CGTM à l’occasion du 08 mars s’est retrouvé dans une coordination qu’on appelle la coordination des femmes syndicalistes issues des organisations affiliées à la CSI. Cette unification des femmes syndicalistes constitue une première ébauche, une première rencontre, un premier travail en commun pour éventuellement s’atteler vers la mise en place d’une coordination des femmes syndicalistes officiellement reconnues. Cette coordination représentée par les femmes de 3 centrales syndicales déjà affiliées à la CSI (CGTM, CLTM, UTM) et une autre la (CNTM) qui est en cours d’affiliation. Nous avons fait un travail de sensibilisation et mis en place des commissions qui ont travaillé en commun sur toute l’organisation de cette journée. Le 07 mars, nous avons eu à organiser un grand rassemblement qui a été ouverte par la coordinatrice principale Mahjouba Mint Saleck où il y a eu plusieurs thèmes dont celui de la CSI sur la « syndicalisation des jeunes » qui ont été développés. Au niveau de la CGTM, ce thème est une priorité, une stratégie global dans le plan d’action de la CGTM à savoir la motivation, la structuration et l’organisation des jeunes syndicalistes. Nous avons eu également un autre thème sur la santé de la femme et l’environnement ainsi que la protection de la femme au milieu du travail. Ce sont des thèmes porteurs et intéressants pour la femme travailleuse. Maintenant dans les débats et dans l’animation, nous avons eu plusieurs autres recommandations à savoir la ratification par le gouvernement de la convention 156, une convention qui prend en charge les travailleurs ayant des charges familiales. Nous considérons que c’est l’une des conventions spécifiques aux femmes. Nous avons aussi demandé sur nos banderoles qu’il y ait une véritable application, un suivi des conventions ratifiées par le gouvernement. Nous savons aujourd’hui qu’il y a eu une ratification mais l’application reste encore à désirer. Nous avons demandé à ce qu’il y ait une meilleure implication des femmes dans le programme du ministère de la condition féminine. Bien que nous savons que la question genre est une question transversale, ce n’est pas qu’un seul département qui est concerné mais plusieurs. Nous avons adressé cette demande au ministère de la condition féminine parce que c’est notre ministère de tutelle. C’est un ministère qui doit prendre en charge les préoccupations de la femme travailleuse, de sa santé et de son enfant. Pour nous c’est le premier département concerné. Nous avons plusieurs slogans sur les viols et la violence contre les femmes parce que nous sommes dans un pays où nous assistons à une montée de la violence surtout dans les quartiers périphériques. Nous expliquons cela par le fait qu’il y a une marginalisation d’une tranche de la population. Cette dernière qui est restée en dehors du système du développement du pays, elle n’est pas assez impliquée, elle n’a pas accès au travail, ni l’information et à l’éducation. C’est dans ce groupe de la population qu’on voit la montée de la violence. Maintenant, il y a les viols qui se déclarent dans notre pays bien que nous soyons un pays à 100% musulmans mais les viols sont devenus quotidiens. Moi je peux en témoigner en tant que sage-femme praticienne ce que je vous tous les jours c’est vraiment parce qu’il y a une impunité s’il y avait un cas qui était pris par la justice et qu’il y ait des mesures contre cela aujourd’hui cela n’allait pas se répéter alors que les viols sont devenus quotidiens. Il y a l’insécurité partout dans la ville. Tout cela se sont des problèmes qui concernent la femme travailleuse parce que cette dernière doit être en sécurité de son milieu du travail, à son domicile et de son domicile à son lieu de travail. Nous considérons que dès qu’elle sort de son domicile elle est dans son milieu de travail parce qu’elle est en cours de chemin. Il faudrait qu’elle soit en sécurité, qu’elle ne soit pas exposée à tous ses risques pour qu’elle puisse mener à bien ses activités. Nous avons eu deux thème encore sur lequel nous nous sommes attelés et qui sont très importants pour nous. Par rapport à la législation du secteur de l’économie informelle, nous savons qu’aujourd’hui nous avons un grand nombre de femmes qui n’ont pas bénéficié de scolarité et qui sont à la maison, qui se charge de la nourriture des enfants. On sait que également que le divorce est une pratique très répandue dans notre pays. Ces femmes sont sans revenus elles ont la charge des enfants et sont obligés d’y subvenir par certains petits travaux. Malheureusement, ces derniers se heurtent à des contraintes avec la police, la mairie, sur le marché elles n’ont pas de lieu fixe où elles peuvent exercer leur travail. Nous voudrions que le gouvernement prenne en charge ce secteur de l’économie informelle où ces pourront travailler et développer leurs activités mais aussi qu’elles soient régularisées et mises dans leurs droits. Il y a aussi un autre thème sur lequel chaque nous ne le réitérons c’est la pension des ayants droit après le décès de la femme travailleuse. Cette doléance, nous l’avons toujours répété à toutes les occasions que cela soit le 08 mars ou le 1er mai mais malheureusement nous trouvons une oreille qui n’est pas favorable à notre discours. J’espère qu’à partir de cette coordination de syndicalistes que nous pourrions attiré l’attention de notre département concerné et suscité son intérêt.
La coordination ne s’arrête pas seulement sur le 08 mars, la coordinatrice reçoit les orientations à partir de la CSI et nous nous seront là sur le terrain pour mettre en exécution les orientations que nous recevons à partir de notre centrale mère et à partir de nos organisations syndicales qui sont affiliées à la CSI. La Coordination a beaucoup de chose à faire, elle va d’abord commencer par reprendre sa place dans la société civile en tant qu’un regroupement de femmes syndicalistes et avoir la confiance des autorités. Il faut qu’elle soit un groupe qui répond aux attentes des travailleuses qui sont présentes, démunie et ont besoin de l’assistance.