Conférence de presse
La Coordination des Organisations Syndicales appelant à la grève a organisé aujourd’hui une conférence de presse au siège de l’UTM. Cette rencontre était une occasion pour ces organisations syndicales de réitérer leur position face à la situation actuelle à savoir le maintien de la grève générale des travailleurs de la fonction publique prévue les 15, 16 et 17 mars courant. A quelques jours de l’expiration du préavis de grève, cette conférence de presse était également destinée à faire le point sur les missions qui ont été effectuées à l’intérieur du pays par les leaders de la coordination pour mobiliser leur base. Et à travers leurs propos, on peut dire que la mobilisation pour la grève générale des travailleurs de la fonction publique ne faiblit pas. Il faut rappeler que les syndicats avaient prévu d’observer cette grève en signe de protestation contre le décret fixant indemnités de transport et logement pour les fonctionnaires et agents de l’Etat sans concertation avec les représentants des travailleurs. Ces indemnités sont jugées insignifiantes par une large majorité des travailleurs de la fonction publique compte tenu de conjoncture de crise qui prévaut actuellement. Au lieu de chercher une solution concertée le gouvernement souhaite maintenir le statut quo et refuse de dialoguer avec les principaux concernés. Pire, il a même opté pour fuite en avant et une diversion en faisant recours à des manœuvres de simulations de dialogue avec des organisations syndicales qui n’ont pas déposé de préavis de grève. Aujourd’hui, ce que la coordination des organisations syndicales demande essentiellement c’est l’ouverture de négociations sérieuses pour trouver une solution concertée à cette situation. Au terme de cette conférence de presse voici l’intégralité du communiqué rendu public par coordination :
COMMUNIQUE DE PRESSE
Les organisations syndicales de travailleurs signataires du Préavis de Grève des Fonctionnaires et Agents de l’Etat prévue pour les 15, 16 et 17 mars 2010, réaffirment leur détermination à œuvrer pour l’aboutissement des revendications légitimes formulées par ces catégories de travailleurs, en vue de l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, et ce à travers la revalorisation des indemnités de transport et de logement, unilatéralement octroyées par le gouvernement.
Nous saluons, à cet effet, la mobilisation et l’engagement de nos bases respectives et de l’ensemble des travailleurs de la Fonction Publique, qui ont tenu à prendre part massivement aux réunions tenues au niveau de toutes les Wilayas de notre pays. La cause juste défendue par les travailleurs a reçu l’appui et le soutien de l’opinion publique nationale éprise de paix et de justice sociale.
Toutefois, nous sommes surpris que non seulement le gouvernement actuel soit l’unique pouvoir de toutes les républiques qui se sont succédées dans notre pays (même ceux d’exception) à faire la sourde oreille face à un préavis de grève générale dans un secteur aussi vital, mais qui également, fasse recours à des manœuvres de simulations de dialogue avec des organisations syndicales qui n’ont même pas apposé leur signature au préavis de grève et en leur ouvrant grandement les canaux des médias publics dans le seul but de saborder la légitimité des revendications qui lui sont soumises.
En adoptant cette attitude de refus obstiné d’ouvrir les négociations avec les organisations syndicales qui lui en ont fait la demande, le gouvernement prend la responsabilité indivisible de provoquer l’escalade en continuant d’ignorer tous les appels lancés par les plus importants syndicats représentatifs dans notre pays, lesquels au
demeurant, n’ont jamais fait de la grève un objectif mais un moyen de lutte et de négociation pour que les partenaires se retrouvent rapidement autour d’une table afin de négocier des différends qui les opposent.
Les organisations syndicales signataires du préavis de grève fustigent la campagne de démobilisation et d’intimidation orchestrée par les médias publics ainsi que par des groupes de pression aussi bien tribaux qu’administratifs et professionnels, à l’encontre des travailleurs qui n’ont demandé que des améliorations de leurs conditions d’existence très dégradées par l’effet de la gouvernance économique et sociale qui les ignore et de l’absence de dialogue social véritable.
Nous lançons un vibrant appel aux Fonctionnaires et Agents de l’Etat afin qu’ils résistent à toutes les manœuvres
de division et d’intimidation pour mener la lutte légitime en vue de gagner des indemnités de transport et de logement significatives et négociées dans le cadre du respect de la règlementation en la matière (article 25 sur les avantages sociaux du personnel de l’Etat), et des travailleurs et de leurs organisations, et qu’ils observent massivement le mot d’ordre de grève les 15, 16 et 17 mars 2010.
Vive la lutte légitime des fonctionnaires et agents de l’Etat
Vive la solidarité syndicale
Nous vaincrons
Nouakchott, le 10 mars 2010.
Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM)
Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM)
Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (CLTM)
Confédération Nationale des Travailleurs de Mauritanie (CNTM)
Syndicat Professionnel des Infirmiers et Sages Femmes de Mauritanie (SPISM)
Syndicat National des Médecins et Chirurgiens Dentistes (SNMCD)
Syndicat National des Professeurs de l’Enseignement Technique et de la Formation professionnelle (SNPETFP)